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L'Etat prédateur

01/02/2010

Les collectivités territoriales, mairies, communautés, départements et régions, constituent en France un immense enchevêtrement de pouvoirs émiettés qu’il faut à l’évidence réformer pour plus d’efficacité.
Malheureusement, et comme un peu trop souvent avec le gouvernement actuel, cette nécessité politique sert aujourd’hui de prétexte pour engager une réforme purement idéologique, inefficace et dangereuse. Son projet de réforme des collectivités territoriales porterait en effet un coup fatal à la décentralisation en organisant le retour en force de l’Etat dans la gestion des politiques et des finances locales.

Pour ne citer qu’une des mesures prévues, la suppression de la clause de compétence générale des départements et des régions retirerait à ces deux institutions la possibilité d’animer et de soutenir financièrement l’action des communes, des associations et des citoyens qui travaillent dans les secteurs du social, de la culture, du sport, du tourisme.

Avec ce projet, le gouvernement veut encore nous faire croire, en 2010, que l’on aide mieux les gens lorsqu’on est confortablement calé dans un fauteuil à 800 kilomètres de là où ils habitent. Vos élus locaux, qu’ils soient de gauche ou de droite, sont des gens de terrain, présents dans vos quartiers, vos villes et vos villages. Avec leurs qualités et leurs défauts, ils sont ceux qui vous écoutent au quotidien, que vous pouvez interpeller au coin de la rue, qui sont le mieux à même d’apprécier les priorités, les aides à apporter, les politiques à développer.

La bataille qui s’engage au parlement sur ce projet de réforme va être dure mais l’espoir est encore permis tant il reçoit, de jour en jour, l’opposition de plus en plus d’élus de toutes tendances politiques.
En voulant mettre la main sur les collectivités locales et sur leurs finances, l’Etat agit aussi comme un ogre sans tête qui s’apprête à précipiter les ressources locales dans le trou sans fond des finances publiques nationales.
Ma conviction est d’abord que ce qu’il vous prendra, il ne vous le rendra pas.
Ma conviction est aussi que la sagesse comme l’audace politique se trouvent aujourd’hui dans vos institutions locales, proches de vous et de vos préoccupations. Une réforme est nécessaire pour donner encore plus d’efficacité aux politiques locales, mais pas celle là, et certainement pas au prix du sacrifice des politiques de proximité
dont vous pouvez chaque jour éprouver les bénéfices.

Michel PEZET
Conseiller Général des Bouches-du-Rhône
Délégué à la Culture